| Dès
le début l'historien découvre,
dans les communiqués, un désir
sincère des dirigeants et des joueurs
de remettre de l'ordre dans la maison. Le
premier article précise : " Le comité
et les joueurs, unis par une confiance amicale
et réciproque, doivent faire table
rase du passé ".
Nous avons en main le calendrier où
figurent (enfin) les noms des dirigeants
:
Président général
de l'A. C. M. Orlhac
Vice-président : M Caillau;
Secrétaire : M. Talou;
Trésorier : M. J. Lacoste.
Le comité du rugby, sous la présidence
de M. A. Richard, a comme
membres MM. Belval, Couaillac,
Crassac, J. Delgal, Fantangié,
Fourastier, Larrive, Lestrade, Sellhan.
Le calendrier contient des conseils très
judicieux sur les règles du rugby.
L'examen de sa page centrale nous ramène,
avec l'énumération des équipes
à rencontrer, aux saisons passées.
L'entraînement de l'A. C. sera
dirigé par M. Crassac,
et les parties amicales arbitrées
par M. P. Lestrade.
L'A. C. est engagé dans deux compétitions
le championnat des Pyrénées
et celui des équipes Inférieures.
La C. 0, P. 0 de Périgueux
inaugure la série et repart avec
une addition chargée (22 à
0), au cours d'une partie où le
capitaine Besombes a
particulièrement brillé.
Depuis quelques saisons. Il en est toujours
ainsi a l'A. C. Les débuts sont
prometteurs, les résultats plus
que satisfaisants. Par la suite, tout
s'effrite, et la présente saison
n'échappera pas à ce triste
sort.
Contre Foix, Cahors perd le premier
match de championnat, 6 à 5.
Le 10 novembre, à Toulouse,
a lieu le match contre Marengo. Les amis
du rugby organisent le déplacement
des supporters (20 francs).
Après la belle exhibition de Cahors
contre Foix, déclare l'Optimiste,
les Toulousains seront balayés.
Hélas ! l'A. C. revient avec 12
points.
Il est vrai que cette défaite
a des circonstances très atténuantes.
Le compte rendu qu suit les explique.
" Pour calmer la meute hurlante des touches
l'arbitre accorde un coup franc à
la deuxième minute, à 15
mètres face aux poteaux. Marengo
: 3 points.
Quelques minutes après un de nos
Joueurs fait un en-avant. La balle est
reprise par un Marengotin. L'arbitre siffle
à tort. Nos joueurs s'arrêtent
pour se mettre en mêlée.
Le joueur toulousain, sans résistance,
continue son action et va marquer entre
les poteaux.
La meute s'énerve, menace d'envahir
le terrain et dans un but ... d'apaisement,
l'arbitre accorde l'essai tout en reconnaissant
la faute Marengo : 6 points.
Enfin, sur un coup de pied dans les buts
cadurciens, Marty touche le premier et
se couche sur le ballon. Une dizaine de
joueurs toulousains lui tombent dessus.
A la relevée des joueurs, évidemment,
l'arbitre accorde l'essai à Marengo.
Marengo : 9 points.
Nous avons donné ces précisions
à dessein pour bien préciser
l'ambiance dans laquelle se déroulaient
les parties et excuser les faiblesses
de certains de nos Joueurs qui, avant
le match, savent la partie pratiquement
perdue. Il est incontestable que ces conditions
influaient sur leur moral et leur enlevaient
beaucoup de leur efficacité.
En championnat des équipes
Inférieures Cahors bat Capdenac,
le 4 décembre.
Il fait, le 24 décembre,
le déplacement à Saint-Céré,
pour la même compétition.
Devons-nous faire revivre les péripéties
de cette partie qui ne s'acheva pas ?
Nous n'exprimerons qu'un regret, celui
qu'ait été sanctionné,
par la F. F R., le capitaine cadurcien
qui, à la fin d'une carrière
sportive, toute faite d'honneur et de
succès, avait, avec juste raison
et en toute conscience, en accord avec
les dirigeants ramené aux vestiaires
les douze joueurs qui lui restaient après
quelques minutes de jeu.
Cette sanction, ces incidents devaient
ébranler l'édifice avironnais
déjà fissuré.. Dans
un long article, un nouveau chroniqueur,
" un vieux sportif ". exprime ses craintes
et pose la question : " Le rugby est-il
mort à Cahors ? " II s'étonne
d'une inactivité prolongée,
du forfait de Cahors en championnat, contre
Graulhet.
Cependant, l'A. C., malgré cette
défection, est maintenu en championnat.
Un nouveau communiqué annonce la
venue de Marengo, à Cahors, le
11 février. Après
ce match, gagné par l'équipe
toulousaine, paraît un article du
comité. Nous devons éclairer
le lecteur et donner de larges extraits
:
" L'A. C. est en pleine décadence
pour des motifs qu'il serait trop long
d'exposer ici. Alors que dans toutes les
villes qui nous environnent, dans un petit
village (Luzech) le recrutement est aisé,
à Cahors, malgré de très
nombreuses convocations, nous retrouvons,
dans le quart d'heure qui précède
le match, une dizaine de chevronnés
qui ne veulent pas que le rugby meure.
Nous souffrons de ce laisser-aller. Faisant
fi de tout amour-propre, de toute dignité,
nous allons, le dimanche matin, tirer
les sonnettes, prier, supplier certains
joueurs de se lever et de nous suivre.
Certains ont passé une partie de
la nuit au dancing, et au bout d'un quart
d'heure de Jeu, se traînent sur
le terrain. (Il s'agissait du sinistre
Robinson de Saint-Georges qui devait s'illustrer
horriblement pendant l'occupation.)
Nous pensons que, malgré et contre
tout, il se fera du rugby à Cahors,
que la Jeunesse cadurcienne, émue
par les brillants succès des cités
voisines, réagira. De toute façon,
nous dirigeants, nous avons la conscience
d'avoir fait notre devoir."
II est évident que comparativement
aux saisons que faisaient les cités
voisines (Luzech, champion du P. A , Figeac
en compétition aux seizièmes
dans le championnat de France), le rugby
cadurcien ne faisait pas très bonne
figure, et on ne peut pas refuser aux
chevronnés qui ne veulent pas que
le rugby meure, aux dirigeants qui, avec
franchise, exposent leurs difficultés
et leur peine, on ne peut pas leur refuser
une sympathie et ne pas leur accorder
un souvenir ému pour avoir tenu
dans ces temps difficiles.
Le 25 février, Mazamet
vient en championnat et bat l'A.
C. par 9 à 5. Le match retour de
l'A. 0 T est porté au calendrier
pour le 11 mars. Aucun communiqué
n'en donne de compte rendu.
La saison 1933-1934 n'est pas à
inscrire sur les tablettes historiques
des gloires passées. |