Accueil | Agenda | Résultats | News | Billeterie & Abonnement | Contact  
Vie du club ( 97 )
Résultats sportifs ( 101 )

cahors-rugbyHistorique

  Les matchs Cahors- Lourdes   
     
 

Quand la nostalgie se fait ovale. Il y a quarante ans, le match de rugby CAHORS-LOURDES soulevait l'enthousiasme de 8 000 spectateurs. Il est toujours bon de rappeler que le Stade Cadurcien rivalisait, à cette époque, avec les plus grands du rugby Français.

Le 3 février 1957, premier dimanche du mois, une rumeur retenue, mais tout à fait inhabituelle en pareil lieu, parcourut comme une houle les rangs des fidèles réunis à la cathédrale de Cahors pour la grand-messe de 11 heures. Réaction d'étonnement qui se propagea au moment où l'archiprêtre commençait à peine à prononcer les premiers mots de son sermon. L'assistance, dont le recueillement exemplaire était pourtant unanimement reconnu dans le diocèse et même au-delà, manifestait ainsi ce matin là une incapacité évidente à maîtriser sa surprise devant le sujet choisi par le prédicateur pour débuter l'homélie hebdomadaire. S'il s'agissait bien du grand événement dominical, et personne ne se serait avisé de le contester, bon nombre de paroissiens avaient visiblement un certain mal à saisir ses liens avec le calendrier liturgique.

Aucune difficulté, en revanche, à remarquer la référence transparente à un tout autre calendrier, celui du championnat de France de rugby à XV, 1ère division. Mais après tout, une fois l'ébahissement passé et en y regardant bien, il n'était pas extravagant de soutenir que la Providence n'était sans doute pas étrangère à la fortune d'une rencontre au sommet entre la ville du pape Jean XXII et la cité mariale. Avec en tout cas une probabilité suffisante pour admettre que l'importance exceptionnelle de ce match retour entre Cahors et Lourdes à l'heure des vêpres méritait bien quelques accommodements avec le ciel ou du moins, dans l'immédiat, avec le commentaire de l'évangile.

 

LES NÉGOCIATIONS DE BRUXELLES RETARDÉES... 
POUR LE MATCH DE CAHORS

 

Des accommodements, il avait aussi fallu en trouver dans une autre sorte de cathédrale alors en cours de construction, celle des fondements économiques de l'unité européenne. A la demande du secrétaire d'état aux affaires étrangères du gouvernement français, les négociations de Bruxelles qui préparaient activement la signature imminente au traité de Rome avaient été subitement gelées et reportées de vingt quatre heures pour raison impérieuse. Il suffira de rappeler discrètement que le principal négociateur du côté français s'appelait Maurice Faure pour lever un coin du voile sur le monde secret de la diplomatie C'est ainsi que ce même dimanche 3 février, le député du Lot était bien sur le terrain du stade Lucien Desprat aux côtés des capitaines Jean Prat et Yves Noë pour se faire présenter les joueurs des deux équipes avant que ne retentisse "la Marseillaise". La solennité de l'apparat ne faisait que souligner l'importance d'un rendez-vous que personne n'aurait voulu manquer. 

Un nombre impressionnant de personnalités politiques sportives et autres entouraient Jacques Garnal et son état-major dans la tribune présidentielle alors que plus de 8 000 spectateurs jouaient des coudes - quand ils ne grimpaient pas aux arbres... - pour s'entasser autour d'un stade aux aménagements encore sommaires. La foule exubérante qui animait le boulevard depuis le matin, le record des recettes pulvérisé et l'énorme proportion des non cadurciens dans le public témoignaient, comme les deux anecdotes précédentes, du formidable engouement suscité par le match. 

CAHORS DÉPLACE LES FOULES

Lourdes exerçait alors une domination sans partage sur le rugby français mais la venue de l'équipe prestigieuse des champions de France avec sa légion d'internationaux ne peut suffire à expliquer un tel succès populaire. Le Stade Cadurcien avait été champion de France de 2e division à la fin de la saison 1955. Il n'en est alors qu'à sa deuxième année de compétition parmi l'élite mais il est très vite devenu l'équipe dont tout le monde parle et que l'on veut découvrir, Cahors déplace les foules et obtient les meilleures recettes à l'extérieur derrière le FC lourdais. Depuis la rencontre du 18 novembre 1956, le public sait que les joueurs d'André Melet constituent une des rares formations - peut-être la seule - à pouvoir battre Lourdes à son propre jeu et avec ses propres armes, celui et celles d'un rugby de mouvement porté au plus haut niveau, à la fois technique et spectaculaire.

Lors de ce fameux match du 18 novembre, les Lourdais ne l'ont emporté chez eux que difficilement par 12 à 6, sauvés par deux drops de Madine. La presse bigourdane reconnaît spontanément qu'ignoré il y a quelques jours "le Stade Cadurcien a conquis de haute lutte ses galons d'équipe vedette". Enthousiasmés par l'exploit du quinze lotois, les supporters lourdais confient qu'ils vont économiser de l'essence (autres temps ... ) pour assister à tout prix au match retour qui "vaudra le coup" selon la réflexion d'un vieux fidèle de l'équipe de Jean Prat. Disputée sous le soleil et par une température idéale, mais avec du vent, la rencontre tiendra en effet toutes ses promesses. 

"Du très beau rugby à Cahors" titre Midi Olympique qui poursuit: "Durant quatre vingt minutes, les deux équipes nous ont offert un spectacle de très bonne classe qui, par instants, atteignit même des sommets techniques ou tactiques. Rien ne manquait à cette rencontre ! Dynamisme, vivacité, variété dans l'action, intelligence des conceptions de jeu, crânerie et désir de jouer mieux que l'adversaire. Ce fut un régal !" Satisfaction générale pour les amateurs de rugby mais déception tout de même chez les supporters du Stade Cadurcien devant le score final. Vainqueurs par 14 à 8, les Lourdais, pour la deuxième fois de la saison, avaient assuré le résultat grâce à leurs buteurs. Cahors l'emportait au nombre d'essais (2 contre 1) et le journal Sud-Ouest pouvait s'inspirer du style des déclarations politiques au lendemain d'élections pour titrer, sans rire: "Les quercynois ont infligé 8 points aux champions de France". Il fallait bien se consoler d'une déception d'autant plus injuste que Cahors avait eu sa part de malchance. A la 12e minute, à la suite d'une percée ahurissante de René Agasse le grand homme du match - Combeau, absolument seul à cinq mètres de la ligne d'essai lourdaise, n'avait pu contrôler une passe mal ajustée. Moins de vingt minutes après, le même Agasse allait concrétiser un superbe mouvement collectif en allant marquer près des poteaux après un crochet qui laissait sur place la défense lourdaise. Malheureusement, un essai de Jean Prat, à la suite d'une interception de Rancoule, venait s'ajouter aux deux buts sur pénalité déjà réussis par Antoine Labazuy. Un essai de Gobed, en deuxième mi-temps, ne pouvait que réduire un score aggravé par le drop habituel de Jean Prat. 

Cette courte défaite devait être suivie par d'autres, tout aussi étroites. Le Stade Cadurcien de la grande époque ne réussit jamais à battre le FC lourdais en championnat. Ce sort contraire allait cependant se révéler peu de choses par rapport à la force de l'imaginaire ainsi créé dans la mémoire collective du rugby local autour des affrontements répétés entre les deux équipes et à travers leurs récits inlassablement repris, colportés, commentés et parfois il est vrai un peu reconstruits Un an après le premier choc, le 16 février 1958, il y avait cette fois plus de 10 000 spectateurs pour voir les équipiers de J. Prat l'emporter de nouveau par 16 à 12, Le verbe coloré d'un quercynois avait certainement contribué à ce record d'affluence, jamais égalé depuis pour un match de championnat. Un certain Roger Couderc apportait en effet sa part à l'épopée légendaire du match en laissant déjà exploser sa passion et son lyrisme devant le spectacle donné par ses compatriotes.

 
     
 
 

 

 
CAHORS RUGBY : Agenda | Résultats | News | Billeterie & Abonnement | Contact | HAUT DE LA PAGE [^]
Mentions légales | Plan du site | © 3wcom |
Tout savoir...